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Dimanche 5 mars 2006 7 05 /03 /Mars /2006 12:36

Que faire des foires de Mars ?

La construction du nouvel hôtel de police et la rénovation des halls du Parc des Expositions pose le problème de la localisation des foires de mars. En effet l’hôtel de police va occuper près d’un tiers de la grande esplanade de Belgique tandis que la salle polyvalente débordera sur pratiquement l’ensemble du terrain actuellement devant les halls 5 et 6.

Dans ces conditions on comprend mieux l’inquiétude des forains qui sentent que petit à petit on va leur expliquer que la délocalisation des foires en périphérie est inéluctable. Cela m’amène cependant à me poser plusieurs questions.

Pourquoi décider de reconstruire l’Hôtel de Police à cet endroit ? N’y a t-il pas d’autre lieu à Troyes ? La zone des Trois Seines par exemple n’est pas complète ou le terrain vague entre la ligne Paris Bâle et la rue de la Bertauche ? (Là où précisément on pensait à l’origine faire la nouvelle patinoire). On a appris récemment aussi que la chambre de commerce étudiait la possibilité de racheter au groupe Devanlay, l’ancienne usine Regley. (Bâtiment industriel qui borde le hall 6 du parc des expositions de l’autre coté de la rue Jean Leguise). Pourquoi alors ne pas étudier la possibilité de requalifier ce bâtiment pour y mettre l’hôtel de Police ? Ou alors pourquoi avant de se lancer dans la réalisation d’une grande salle de spectacle (dont l’intérêt n’est pas avéré ni confirmé par les responsables culturels et sportifs de l’agglomération) ne pas avoir étudié la possibilité d’agrandir la surface du parc des expositions en utilisant justement cette ancienne usine qui borde les bâtiments actuels et relier les deux par un système de passerelle comme on le voit dans beaucoup de parc expo ? Tout cela ne donne franchement pas l’impression d’un plan de développement urbain pensé voir maîtrisé concernant ce quartier. On s’étonne aussi de l’absence totale de présence dans ces divers dossiers, du conseiller général du 5eme canton ! C’est pourtant une transformation importante de celui-ci pour les années à venir. Mais peut-être madame BERTAIL ne sait-elle même pas que ces projets sont réalisés en périphérie certes mais tout de même au sein de son propre canton !

Bref entre une salle de 4500 places pas franchement indispensable et un hôtel de police que l’on pourrait certainement recaser ailleurs, on se demande ce qui pousse la ville à vouloir absolument démanger les foires de mars. Mais bon s’il n’est pas possible de faire autrement, parce que ma petite personne a sûrement oublié des points importants dans son raisonnement simpliste, que va-t-on proposer aux forains pour sauver cette foire déjà fort menacée ?

Car il faut savoir que Troyes possède une foire plus importante en surface et en nombre de métiers que par rapport à d’autres villes de la même taille voir plus grandes. L’avantage de nos foires réside dans le fait qu’elle est la première grande foire sur le territoire national et que nombre de forains démarrent leur saison à Troyes pour rôder leurs équipes. Mais cet avantage pourrait se changer en désaffection si une expatriation en périphérie enlevait encore un peu de public à cette foire déjà juste rentable pour certains gros métiers ou restaurateurs bien connus des troyens.

Dans ce contexte où peut-on mettre les foires ? Les expériences de foires en périphéries se soldent toutes les unes après les autres par des échecs selon les forains, qui sont tout de même les mieux placés pour en parler. Alors où ? J’entends régulièrement des « vieux troyens » se rappeler avec une nostalgie unanime du temps où celles-ci se déroulaient sur les boulevards ? Alors serait ce vraiment impossible d’y revenir ? Sur les boulevards oui, car les boissonnades « de plots étrochesques et buis vaguesques » en interdisent maintenant l’accès. Il faut trouver environ 2.5 hectares de surface au centre. On me dit que c’est impossible mais je n’en suis pas persuadé. Puisque grâce à la conjonction de Philippe 1er de Rhèges et du marquis de Boisseau, nous n’aurons plus qu’une grande place minérale devant la préfecture, pourquoi ne pas imaginer d’y implanter une partie des métiers forains de condamner le bas des rues Zola et Urbain IV, les rue Pithou et Gambey pour relier ensemble les places Foch, Vernier et Saint-Rémi et devant le marché avec cette grande esplanade. Il suffit de restreindre ensuite la circulation dans la rue Georges Clemenceau et de la république les samedis et dimanches d’affluence et vous avez dégagé vos 2.5 h en plein centre. Evidemment il faut réfléchir à la répartition des gros métiers aux endroits les plus vastes, mais cela doit être possible. Ensuite, il faut transférer les jours de marchés la partie des commerçants non sédentaires des places Saint-Rémi et du parvis du marché, sur le parking du mail du cirque pour maintenir avec le bas de la rue de Gaulle l’unité du marché extérieur avec la hall Baltard.

Imaginez, ce serait un b. phénoménal, mais ne serait ce finalement véritablement pas une fête à Troyes ? Tout le mode y gagnerait. Les forains, les restaurants riverains de la foire. Bien sûr cela poserait quelques problèmes de circulation (plus que maintenant ?). Cela pourtant ne semble pas poser de soucis à notre ville jumelle Darmstadt dont la « Heiner Fest » paralyse pendant 10 jours tout le centre ville avec des manèges montés sur les chaussées même des boulevards ? De plus toute proportion gardée, les foires en plein centre gêneraient moins de riverains que ce que compte l’ensemble des immeubles bordant le parc des expos ;

Ne serait-ce pas finalement original de prendre le contre-pied de ce qui ce fait ailleurs ? Cela n’attirerait-il pas finalement encore plus de forains et de public du fait que ces foires seraient en centre ville ? Les commerçants n’en tirerait-ils pas plus de bénéfices commerciaux que d’inconvénients ? Quitte d’ailleurs à réduire un peu la durée des foires, durée d’ailleurs déjà compromise par le départ des « grands métiers » huit à quinze jours avant la fin officielle des festivités.

Oui ce n’est pas simple, mais faut-il pour autant balayer cette idée d’un revers de main ? Non je crois sincèrement qu’elle devrait être étudiée. Et puis si Monsieur le préfet fait la tête d’avoir des baraques foraines à ses pieds, nous pourrons lui répondre que pour lui cela ne dure qu’un mois alors que sa récente signature de permis de construire de l’hôtel du département nous obligera à supporter cette pollution visuelle pendant une bonne quarantaine d’années ?

Léo

Par Léo - Publié dans : Les enquêtes de Léo
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